Autour de la procureur de Tarbes Chantal Firmigier-Michel et de la Préfète des Hautes-Pyrénées Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc, les services de l'Etat ont présenté le résultat de la lutte contre la fraude (Pyrénéesinfo Tarbes, Eric BENTAHAR).
Autour de la procureur de Tarbes Chantal Firmigier-Michel et de la Préfète des Hautes-Pyrénées Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc, les services de l’Etat ont présenté le résultat de la lutte contre la fraude (Pyrénéesinfo Tarbes, Eric BENTAHAR).

« La fraude n’emprunte pas l’autoroute de la délinquance, mais les petits chemins », explique Chantal Firmigier-Michel, la procureur de la République de Tarbes. Sous l’égide de la Préfète des Hautes-Pyrénées, les différents services de l’Etat étaient réunis en Préfecture ce lundi 23 février 2015 à l’occasion du Comité opérationnel départemental anti-fraude. « Nous devons lutter contre le sentiment d’impunité, qui ferait que des gens échapperaient aux règles communes », rappelle la préfète Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc.

Et au vu du rapport d’activités pour l’année 2014, tous les fraudeurs sont concernés. Fraude sociale, fraude fiscale, travail illégal, faux papiers… ce sont 236 signalements qui ont été traités en 2014, pour un montant total de 4 877 333 euros de fraudes détectées, un chiffre en hausse de 125 % par rapport à 2013.

Parmi les services efficaces dans la lutte contre la fraude, les services de gendarmerie et leurs deux enquêteurs spécialisés dans la délinquance financière, qui ont conclu huit enquêtes, pour un montant total de 2,5 millions d’euros.

Si la fraude touche toutes les strates de la population sans distinction, certains secteurs sont plus ciblés comme le BTP, les cafés restaurants, les commerces de détail… mais aussi les services de santé. « En matière de fraude sociale, la moitié des fraudes aux prestations sociales est imputable aux professionnels de santé et aux établissements de soins », explique David Gilles, membre de la direction nationale de lutte contre la fraude, présent à Tarbes pour cette réunion. Ainsi, des transporteurs sanitaires ont fait l’objet d’enquêtes et d’infractions « notamment du travail dissimulé par la dissimulation d’activité, une escroquerie aux prestations sociales, l’importation de marchandises contrefaites et la perception d’indemnités journalières indues. » Soit un préjudice de 265 000 euros pour ce seul dossier.

Pour 2015, la lutte se poursuivra grâce à la coordination de nombreux services de l’Etat. Elle portera notamment sur la lutte contre les détachements, ces travailleurs employés par des entreprises européennes. Car travailler en France oblige ces salariés à avoir les mêmes conditions de travail et de salaires que les employés d’entreprises françaises. Ce qui n’est pas toujours le cas…

Pyrénéesinfo Tarbes, Eric BENTAHAR.