Chantal Robin-Rodrigo alerte M. le ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, sur des espèces animales pyrénéennes en voie de disparition. En effet, un éleveur de Bun des Hautes Pyrénées a découvert le 5 juin 2010 dans l’estive où elle a été conduite une jeune brebis éventrée. Le reste de son troupeau affolé est parti se réfugier à plus de 2000 mètres. Il a remarqué que d’autres bêtes étaient manquantes. D’autres éleveurs ont fait le même constat. Les agents du parc national, lors de leurs constatations, ont écarté la thèse d’une attaque de chiens ou de vautours. Il ne reste que l’hypothèse de l’ours qui sévit en Val d’Azun depuis le mois d’avril. La brebis tuée est de race lourdaise, en voie de disparition tout comme les races d’Aure, Campan, Barégeoise, Castillonnaise. Bien souvent, de père en fils, d’un élevage à l’autre, les éleveurs font des efforts considérables pour sauvegarder ces races pyrénéennes. Il est temps de se soucier de leur conservation. L’amertume et le découragement de ces agriculteurs sont grands. Elle lui demande s’il est dans les intentions du gouvernement de consacrer un équivalent de moyens à la sauvegarde des brebis de race pyrénéenne que ceux employés à conserver sur nos territoires l’ours slovène ? »
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6 commentaires
Pourquoi en Slovénie les ours (500 env) cohabitent « normalement » avec la population, paysans, agriculteurs ? En France les « barbares-ours » sont beaucoup beaucoup moins nombreux et font beaucoup beaucoup plus de polémique ! C’est bien dommage….
Tout est bon pour contester la présence de l’ours
en supposant qu’une race de brebis soit mise en péril ,force est de constater que la race des patous a été sauvée par …l’ours
réponses à Gros Nounours :
il y en a plusieurs :
en Slovénie le pays et pour moitié des forêts.Donc ,pas de pâturages.
Là bas la chasse à l’ours est un sport et de ce fait plus craintifs.
cela bien sûr sans oublier le braconnage.
La cohabitation n’est pas aussi « normale » qu’il se prétend.
Les ours,malgré ce que disent les écolos,n’ont plus de place dans les Pyrénées.
Il y a en effet des pistes de ski ,beaucoup de routes et de pistes qui les dérangent…
Ils sont herbivores ? soit,avez vous vu l’herbe montagne ?ce n’est pas de l’herbe haute des sous bois ou des bords de torrents.les fruits ?pommes,groseilles,fraises des bois,sureaux et autres baies sont vandalisées par les touristes.
Un troupeau attaqué par un ours (des chiens,des vautours…)est un troupeau détruit et ce malgré les subventions.
Si vous allez en montagne demandez aux gens du cru :il vous expliqueront mieux que moi.
Le plus grand problème actuel est probablement les vautours ces charognards qui attaquent des bêtes vivantes…peut-être,bien des fois l’ours est accusé à tort ?
Sans oublier les chiens autre problème.
étant à moitié slovène j’ai passé toutes mes vacances en Slovénie, proche de la frontière autrichienne les habitants vivent très biens avec les ours, jamais les animaux de la ferme n’ont étés menacés, un berger allemand attaché devant la ferme pouvait faire fuir un ours (expérience vu et revue plusieurs fois) l’ours est très peureux, il faudrait peut être remplacé les chiens dans les pâturages français par des chiens élevés en Slovénie beaucoup plus habitués à ce genre de rencontre.
Sur son site Internet :
(http://sd1.cra-mp.org/ca09/ca09spip/IMG/pdf/8._GRAND_TRANSHUMANT__avec_liens_.pdf )
La chambre d’Agriculture de l’Ariège admet une mortalité chez les ovins transhumants de 6 %.
Adapté aux 620 000 brebis en estives pyrénéennes, dont les ¾ ne sont pas surveillées, cela fait un bilan annuel de 36 000 ovins qui décèdent, toutes causes confondues.
Bon an mal an, l’ours se voit attribué 200 à 300 bêtes. Soit 0,8 % des pertes les pires années.
Chaque brebis certifiée UPRA victime de la FCO (il y en a eu des dizaines de milliers en 2008 et 2009) est indemnisée 58,23 €.
Par contre, Cette indemnité s’élève à 180 € en cas de prédation d’ours, bénéfice du doute compris.
Les résultats comptables 2008 des exploitations agricoles de la région Midi-Pyrénées sont disponibles au lien suivant :
http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf_R7310A12.pdf
Les exploitations en ovins viande ont reçues, en moyenne, 42 700 € de subventions dans l’année.
Même les céréaliers, pourtant réputés pour les grosses subventions perçues, n’en ont pas eu autant :
« seulement » 40 300 €/exploitation/an. Et c’était déjà le cas en 2007 et 2006.
Le résultat courant avant impôts des éleveurs ovins viande ne s’élève qu’à 10 000 €.
C’est à dire que les subventions représentent le quadruple du revenu.
Quelqu’un peut-il me citer une filière économique bénéficiant du même niveau de soutien ?
Si cela existe, peut-on décemment qualifier « d’abandonnée par les pouvoirs publics » une telle filière, comme aiment à le répéter les éleveurs ovins viande ?
Par ailleurs, si vous vous rendez au lien suivant, sur le site de l’Institut de l’Elevage :
http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/spip.php?page=article_lib&id_article=17605
vous y constaterez que la consommation de viande ovine est passée entre 1990 et 2008 de 5,4 à 3,6 kg/habitant.
- 34 %.
On y remarque aussi que les consommateurs réguliers d’agneaux sont les personnes de + de 65 ans. Cette consommation s’effondre chez les moins de 35 ans (7 % des volumes).
On y constate également que ce sont les régions où subsistent les grands prédateurs (ours, loup…) qui voient leur cheptel ovin diminuer le moins vite.
Curieux phénomène, alors qu’on nous rebat les oreilles avec l’impossible cohabitation avec ces animaux…
N’est-ce pas plutôt l’impossible cohabitation avec la rentabilité économique qui érode irrésistiblement le nombre d’élevages ?
En synthèse, toute personne (surtout journaliste…) qui se donnerait la peine de se renseigner sur la situation de la filière ovine-viande, et le pastoralisme en particulier, s’apercevrait que les grands prédateurs ne sont aucunement responsable du marasme qui la caractérise. Ils en sont juste les révélateurs très médiatiques.
Mais travailler à ce que la France devienne le premier pays européen à faire disparaître l’ours de son sol depuis un siècle, c’est tellement plus facile que de chercher des solutions durables pour une filière qui l‘est de moins en moins.
Et tellement plus médiatisé…
Je vous remercie pour ce commentaire très avisé et très détaillé. Je vous préciserai seulement qu’à aucun moment, la rédaction de Pyrénéesinfo s’est engagé dans le débat pour ou contre la réintroduction d’ours dans les Pyrénées. Nous donnons la parole (ou plutôt l’écrit…) à toutes les parties, tant que leurs propos sont conformes à la loi (basée sur le respect, quelqu’il soit). Nous ne sommes pas là pour exprimer un engagement, mais donner des informations, comme vous venez de le faire sur ce dossier, et comme tout lecteur (et vous pourrez le constater dans les différents commentaires et articles) peut le faire librement sur notre site basé sur la déontologie et l’objectivité (et non, ce ne sont pas des gros mots ! lol).
La rédaction.