12
mars 2009, Luz-St-Sauveur. La chasse aux sangliers
interrompue
La grève du sanglier
chez les chasseurs
Les chasseurs sont en colère. Depuis quelques jours,
ils ont interrompu la chasse aux sangliers après que des
gardes de l'ONCFS les aient sanctionnés pour l'utilisation
de téléphones portables, sur le secteur de Luz-Saint-Sauveur
(Hautes-Pyrénées). La grève est illimitée.
Voici le communiqué des chasseurs et agriculteurs du secteur.
Communiqué
de Raymond Bayle, président du GVA, Laurent Lassalle-Carrère,
président cantonal FDSEA, Denis Laporte, président
cantonal des Jeunes Agriculteurs, Bernard Souberbielle et Marie-Lise
Broueilh, élus à la Chambre d'Agriculture. "Dernièrement,
lors d'une battue aux sangliers, deux chasseurs de la Société
des Chasseurs Barégeois ont été interpelés
par les gardes de l'ONCFS pour utilisation illégale de
téléphones portables, application d'un Arrêté
Ministériel. La sanction est sévère : saisie
de leurs armes, d'une voiture, et une procédure pénale
est en cours. La réaction de l'ensemble des chasseurs est
immédiate et unanime : ils ont arrêté les
battues aux sangliers avant la date limite de chasse et ont décidé
de suspendre la reprise selon la suite qui sera donnée.
Ils dénoncent le fait que l'utilisation des radios émettrices
ou des téléphones portables ne soit pas autorisé
en zone de montagne. Maints exemples montrent, pourtant, l'utilité
de cet usage sur le plan de la sécurité des chasseurs
eux-mêmes et de leurs chiens. La Fédération
Départementale de la Chasse a lancé une action au
niveau départemental, puis régional et maintenant
national afin que cette revendication soit prise en compte et
aboutisse.
Quant aus éleveurs du canton, ils profitent de ce malheureux
événement pour réaffirmer le fléau
qu'engendre une trop grande population de sangliers sur les prairies
de fauche et les pâturages d'altitude. La régulation
de cette population est indispensable. Les dégâts
de sanglier sont aujourd'hui trop nombreux entraînant une
diminution des récoltes de fourrage pour l'hiver, avec
des achats d'alimentation pour le bétail et donc une baisse
de revenus. La remise en état des prairies est difficile,
peu ou pas mécanisable sur certaines pentes. Le «
broyeur »mis à la disposition par la Commission Syndicale
de la Vallée du Barèges ne peut pas être utilisé
partout. D'ailleurs, une fois ce travail réalisé,
il peut être, à nouveau, saccagé. Les agriculteurs
du canton sont très inquiets devant l'arrêt prématuré
de cette chasse. Ils
comprennent la position des chasseurs qui entendent exercer leur
loisir, mais aussi l'action de régulation qui est d'utilité
publique.
La
chasse aux sangliers dans nos vallées de montagne est une
chasse périlleuse, difficile, qui, pour être efficace
doit être exercée par des hommes connaissant bien
le terrain. On sait l'inefficacité, sur ces zones, des
battues administratives qui, d'ailleurs comble de l'ironie, sont
autorisées à utiliser le portable ou le «talkie-walkie».
La profession agricole demande aux pouvoirs publics la prise en
compte de ce problème crucial : l'action
de régulation de cette espèce, menée par
les chasseurs, atténue les dégâts agricoles.
Reportage
© Pyrénéesinfo/Eric Bentahar.
Photo © Pyrénéesinfo Images.