20
avril 2009, Val d'Azun. Un gypaète
retrouvé affaibli
Les craintes de la LPO
Deux personnes ont alerté le Parc national des Pyrénées
et le centre de Sauvegarde de la faune sauvage Hegalaldia (Union
Française des Centres de Sauvegarde de la Faune Sauvage),
spécialisé dans l’accueil d’oiseaux
blessés, le jeudi 16 avril 2009. Ils venaient de découvrir
un Gypaète barbu très affaibli dans les Hautes-Pyrénées.
Transporté
par l’ONCFS des Hautes-Pyrénées chez un vétérinaire
proche de Lourdes, la balance indique 3,90 kg, soit un poids très
en dessous du poids normal moyen d’un adulte de cette espèce
(environ 6 kg). En hypothermie et ayant un abcès à
la patte gauche, l’oiseau, un adulte reproducteur, a été
réchauffé et placé sous traitement antibiotique
à large spectre. Les causes de cet affaiblissement ne sont
pour l’instant pas connues. Des investigations sont engagées
pour tenter de les déterminer.
Loi des séries ? En 14 mois, pas moins de 4 oiseaux adultes
ont été retrouvés entre Pays-Basque, Béarn,
Bigorre et Luchonnais. Pour l’instant, seul un de ces oiseaux
a pu être relâché. Partout sur son aire de
répartition en Europe (Crête, Corse, Alpes, Andalousie,
Pyrénées), l’espèce fait l’objet
de divers programmes de préservation. Dans les Pyrénées
françaises, le Gypaète barbu bénéfice
d’un plan national de restauration validé par l’Etat
en 1997 et animé par la LPO Pyrénées Vivantes
sous l’égide de la DIREN Aquitaine, avec une cinquantaine
de partenaires qui s’investissent au quotidien pour préserver
cette espèce dans les Pyrénées. Avec moins
de 160 couples nicheurs, dont les trois quarts vivent dans les
Pyrénées (29 couples sur le versant nord), le Gypaète
barbu est un des 2 rapaces les plus rares et les plus menacés
d’Europe. Dans les Pyrénées françaises,
ce nécrophage a un très faible taux de reproduction
: un seul jeune par couple parvient jusqu’à l’envol
tous les trois ans en moyenne. Quant aux chances de survie des
jeunes, elles sont maigres : un sur trois seulement atteint l’âge
adulte. La perte d’adultes reproducteurs couplée
à un faible taux de reproduction sont des paramètres
inquiétants pour le statut de l’espèce sur
le massif (Communiqué de LPO Pyrénées Vivantes).
Reportage
© Pyrénéesinfo.
Photo © Pyrénéesinfo Images.