
22 janvier 2010, Tarbes. Réforme des
collectivités locales
L'avis de J. Durrieu
La
sénatrice et présidente du conseil général
des Hautes-Pyrénées, Josette Durrieu, prend position
dans le débat sur la réforme des collectivités
locales, actuellement en débat au Sénat.
Josette
Durrieu, présidente du Conseil Général des
Hautes-Pyrénées et sénatrice, nous prie d’insérer.
La réforme territoriale dont le débat, s’engage
de nouveau ce 19 janvier 2010 au Sénat est toujours aussi
néfaste pour notre pays. L’objectif immédiat
de cette loi en termes simples c’est la fin de la décentralisation,
et la recentralisation des pouvoirs au niveau des Préfets
et de l’Etat, le cumul des mandats puisque le conseiller
Territorial est à la fois Conseiller Général
et Conseiller Régional, le recul de la parité, la
suppression rapide de la commune qui «s’évaporera»
dans l’intercommunalité et du Département
dans la Région, la fin de la politique de proximité
essentielle pour l’aménagement et le développement
de l’espace rural.
Le montage à l’envers de cette loi et de ce débat
est invraisemblable. On supprime d’abord la TP, c’est
fait, et on parlera des moyens globaux des collectivités,
après… Aujourd’hui, on aborde le sujet du Conseiller
Territorial mais on ne parle pas maintenant du mode de scrutin…
Le mode d’élection du Conseiller Territorial sera
abordé après… Mais les modalités déjà
proposées sont surréalistes. Ce serait un scrutin
uninominal à 1 tour pour 80% des candidats et 20% à
la proportionnelle. C’est à partir des voix cumulées
et recyclées des candidats battus que les candidats à
la proportionnelle seraient désignés… Enfin,
l’Assemblée se prononcerait plus tard sur les compétences
qui sont pourtant essentielles, mais pas avant la mi 2011. Peut
être sera t’il trop tard par rapport aux présidentielles
pour y procéder. Et alors ? Alors ? Cette loi est un «
enfumage » politique. Une loi faite d’improvisation,
d’approximation et de clauses dites de « revoyure
» pour adapter les choses en cours de route. Rien n’est
stabilisé, ni clarifié.
Il faut arrêter cela. Il faut un référendum
pour prendre les «Français à témoin
sur cette réforme». Il faut définir rapidement
et fermement l’acte 3 de la décentralisation si l’on
ne veut pas revenir plus vite que l’on ne le croit au «vieux
modèle napoléonien».
Reportage
© Pyrénéesinfo/Eric Bentahar.
Photo © Pyrénéesinfo Images.