Dernière mise à jour: le 13 août 2007

Dossier - L'ours dans les Pyrénées

9 août 2007, Lourdes. Décès de l'ourse Franska (réactions)

Une voiture fauche
l'ourse Franska

L'ourse Franska est morte ce jeudi 9 août 2007 au petit matin, fauchée par une voiture sur la voie rapide entre Lourdes et Argelès. Un décès, accidentel, qui met fin à toutes les polémiques autour de la présence de cet ourse lâchée le 28 avril 2006 à Bagnères-de-Bigorre.

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Marie-Lise Broueilh, ASPP 65. La mort accidentelle de Franska sur la voie rapide entre Lourdes et Agos Vidalos jeudi 9 août 2007 n’est qu’un accident banal comme nous pouvons en voir avec tout le gros gibier en France et à l’étranger. En Slovénie, le problème se pose également avec les trains. Cette disparition n’est pas un véritable événement en soi. Pour l’ASPP 65 ce qui est important c’est que les éleveurs puissent retrouver la sérénité et la tranquillité pour exercer librement le métier qu’ils ont choisi. Eleveur/berger dans un village de vallée ou de montagne avec de petites surfaces d’exploitation complétées par les estives. C’est aussi l’espoir que des estives abandonnées ou partiellement vidées depuis l’introduction des ours slovènes puissent à nouveau retrouver vie et que les bergers et éleveurs puissent en tirer une ressource suffisante de leur exploitation et maintenir la vraie biodiversité de nos montagnes qui s’est construite au fil des siècles voire des millénaires grâce au pâturage.
Franska n’est qu’un élément révélateur des objectifs des ultra environnementalistes qui veulent introduire des ours exogènes dans un milieu ou le développement des activités humaines d’hiver et d’été n’a pas laissé de place à l’ours des pyrénées. Leur acharnement pour implanter des ours slovènes met en évidence une méconnaissance totale des contraintes techniques et économiques des éleveurs, un refus de prendre en compte les conséquences destructrices irréversibles sur un milieu d’une biodiversité à la richesse exceptionnelle et la volonté de classer la seule exploitation durable du milieu naturel comme sans importance. Ces environnementalistes qui imposent aujourd’hui leur désir sont incapables d’avoir une vision globale de la biodiversité, de l’environnement et du développement durable en s’attachant à une seule espèce emblématique sans jamais approfondir les conséquences d’importations coûteuses d’ours qui auraient sans doute vécus dans de meilleures conditions dans leur pays d’origine malgré l’existence d’un plan de chasse pour réguler leur prolifération. Franska comme les autres ours importés n’est que le révélateur d’une écologie politique malade de ses dogmes et de son idéologie dépassée tournée contre l’homme et plus spécialement contre ceux qui habitent et travaillent sur les territoires de montagne.
La mort de Franska ne doit pas nous faire oublier que tous les problèmes restent à régler. Les préalables à toutes discussions avec les pouvoirs publics à savoir le retrait de Boutxy et l’arrêt du plan d’introduction d’ours. Les problèmes que rencontrent les autres éleveurs / bergers pyrénéens avec d’autres ours, que ce soit en vallée d’Aspe, à Melles, dans le Biros, le haut-Ariège ou chez nos amis espagnols de la Navarre à l’Alt Anéou. Les problèmes de fond liés
à la protection et au développement de la biodiversité y compris des races animales domestiques et au développement durable des villages et des vallées pyrénéennes.
Au choix de société entre protection et développement durable dans un cadre de maintien des activités humaines sur un territoire et l’ensauvagement total des montagnes vidées de toutes activités humaines et pastorales bien avant que les 120 à 150 ours slovènes aient été transplantés dans les Pyrénées par le plan ours. La mort de Franska n’efface pas les problèmes de sinistres occasionnés par les vautours à l’occasion desquels des éleveurs / bergers se font outrageusement qualifier de menteurs ou de « chasseurs de primes » par certaines administrations publiques et des associations ultra environnementalistes irresponsables.
La mort de Franska n’est qu’un accident occasionnel lié à la confrontation du monde animal sauvage et du monde moderne vécu par la majorité de la population française. Elle apporte la preuve que les Pyrénées ne sont pas un espace sauvage mais un milieu humanisé où vit de manière régulière et permanente toute une population et où s’exercent des activités humaines à tous les niveaux et à tous les étages montagnards. Cette mort d’une ourse ne remet pas en question les actions en cours menées par l’ASPP 65 et les syndicats agricoles notamment l’aide et assistance matérielle aux éleveurs victimes d’un sinistre de la part des grands prédateurs (constats, aide juridique…). Par ailleurs, l’ASPP 65 n’oublie pas et tient aussi à apporter son soutien à ceux qui, dans les Alpes, le Jura et le Massif Central souffrent de la présence du loup et de toutes ses conséquences économiques, sociales et humaines. Elle soutiendra les élus savoyards qui viendront lundi et mardi chercher de l’aide dans les Pyrénées.

Bernard Moules, Secrétaire général FRSEA Midi-Pyrénées. Nous apprenons la mort accidentelle de l'ourse Franska fauchée par un véhicule au lever du jour sur la quatre voies Lourdes-Argelès. Nous avions avec insistance auprès des pouvoirs publics dénoncé, au delà du ridicule de ce plan de réintroduction d'ours slovènes dans les Pyrénées, le caractère atypique de cette ourse à problèmes qui élisait domicile dans les villages et promenait sur routes et autoroutes.
Nous avions dénoncé avec force le danger qu'elle représentait en matière de prédation sur les troupeaux mais surtout pour la sécurité des citoyens.
Il est heureux qu'il n'y ait pas eu de drame humain pour autant que notre niveau d'information puisse en témoigner.
Nous constatons néanmoins que l'entêtement du ministère de l'écologie, sous l'emprise des lobbies écologistes, à ne pas vouloir appréhender la réalité de la situation que décrivent depuis longtemps les responsables professionnels et politiques locaux, aurait pu conduire au pire. Tout autant que nous constatons que sans cet entêtement Franska gambaderait encore en Slovénie si son retrait avait été effectif en début de saison.
Nous espérons que la disparition de Palouma et de Franska mettra un terme à ce plan de réintroduction utopique et fossoyeur d'argent public destiné simplement à faire rêver ceux qui n'ont pas à vivre avec l'ours et plus généralement avec les grands prédateurs.

Alain Reynes, Adet-Pays de l'Ours. Nous apprenons la mort de l’ourse Franska tuée cette nuit suite à une collision routière dans les Hautes-Pyrénées. Après la mort de Palouma l’an passé, cet accident frappant une femelle une nouvelle fois nous rappelle que la population d’ours reste fragile dans les Pyrénées malgré le succès des renforcements opérés en 1996, 1997 et 2006. En effet, sans ces opérations de lâchers, les Pyrénées ne compteraient plus que deux ours (mâles) alors qu’il y en a actuellement une vingtaine. Cet effectif amputé de deux femelles ne permet plus de garantir la présence des ours à long terme dans les Pyrénées. Le plan de renforcement de la population d’ours réalisé en 2006 a été fait à minima avec le lâcher de 5 ours. Il est donc maintenant indispensable de remplacer Palouma et Franska par deux nouveaux lâchers.

Yann Wehrling, Porte-parole national des Verts. Avec la mort, ce matin, de Franzka, il ne reste que 2 ourses sur les 4 femelles réintroduites : moins que le seuil nécessaire pour éviter la disparition de l’ours dans les Pyrénées.Plusieurs centaines au début du siècle dernier... une quinzaine aujourd’hui... quel échec ! Quelles que soient les raisons de cette mort, la France est décidément en bien mauvais classement dans la liste des pays préservant le mieux ses espèces en voie de disparition. La population d’ours des Pyrénées est plus que jamais en danger.
Evidemment, on devine la joie de tous les opposants qui continuent de voir dans l’ours la raison de tous leurs problèmes. Or, pour n’être responsable que de 1% des causes de décès dans les troupeaux, l’ours n’est qu’un bouc-émissaire des problèmes de la vie en montagne. Mais il est plus facile de mettre en cause l’ours ... on évitera ainsi d’aborder les vraies questions. Eleveurs et élus locaux mobilisés contre l’ours se trompent lourdement et portent une grave responsabilité vis à vis des générations futures qui, si rien n’est fait pour enrayer le déclin de l’ours, pourront regretter amèrement ces attitudes dignes du Moyen-âge.
Franska a peut-être été heurtée par une voiture. On peut raisonnablement penser que les effarouchements successsifs et incontrôlables l’ont poussée à descendre si bas dans des lieux non faits pour elle. Mais si ce sont des accidents qui arrivent également dans d’autres pays de présence de l’ours (Italie), la conséquence est évidemment bien plus lourde sur de maigres effectifs que sur des populations plus importantes en nombre.
Pour la sauvegarde de cette maigre population, le remplacement des deux ourses disparues par de nouvelles ré-introductions seront nécessaires. C’est une question raisonnable à dépassionner d’urgence. C’est le rôle du gouvernement et des élus locaux de sauver les ours et le pastoralisme. Sans quoi, les 2 risquent de s’éteindre en même temps.

Propos recueillis par Pyrénéesinfo-Eric Bentahar.
Photos : PyrénéesinfoImages Archives / E. B.

9 août 2007, Lourdes. Franska tuée par une voiture. L'article.
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12 juillet 2007, Tarbes. Des brebis mortes devant la Préfecture. L'article & la vidéo.
10 mai 2007, Estaing.
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