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2
décembre 2007, Conseil Général. Soutien
à la maternité
Le
Département
soutient les usagers
Sans
grande surprise, dans une parfaite unanimité, les conseillers
généraux des Hautes-Pyrénées ont voté
une motion de soutien à la maternité de Lannemezan,
lors d'une session extraordinaire du Conseil Général,
vendredi dernier.
Unanimité.
Lors de cette session extraordinaire du Conseil général
des Hautes-Pyrénées, les conseillers généraux
présents ont voté à l'unanimité pour
la motion défendant la maternité de Lannemezan. Fermée
sur décision ministérielle le 21 novembre dernier,
alors même que le tribunal administratif avait statué
sur son maintien, ce sont près de trois cents jeunes mamans
qui vont désormais devoir se rendre jusqu'à Tarbes
pour accoucher. Une situation délicate pour toutes celles
qui vivent sur Lannemezan. Une situation intenable pour les futures
mamans qui vivent ou travaillent dans les vallées d'Aure
ou du Louron.
Le débat a été long. Chacun voulant apporter
sa voix pour confirmer ce que venait de dire son collègue
et préciser son soutien et sa détermination. De Rolland
Castells pour l'Entente Républicaine à Josette Durrieu
pour la majorité départementale, tous ont voulu dire
au gouvernement et au Préfet leur détermination de
ne plus voir les services publics de proximité se fermer
au mépris de l'aménagement du territoire rural.
Alors que le conseil d'administration de l'hôpital de Lannemezan
a voté l'action en référé devant le
tribunal administratif pour faire appliquer la décision de
justice, le Département a appelé le Préfet
à appliquer cette décision et ordonner la réouverture
immédiate de la maternité.
Voici le texte de la motion. "Cette politique
de santé en France comprend l'hôpital en général,
déstabilise les hôpitaux de proximité, ils sont
113 sur le territoire national à être touchés,
et celui de Lannemezan de façon immédiate et arbitraire.
Pour l'hôpital de Lannemezan, ces circonstances liées
au non-respect d'une décision de justice sont une atteinte
au droit des populations, au droit à la santé, au
droit d'égal accès aux soins et à la sécurité
des usagers et des parturientes. C'est une atteinte au Service Public
et à la loi qui reconnaît le bénéfice
de l'exception géographique aux populations éloignées
de plus de 45 minutes, comme l'indique le Juge dans son Ordonnance.
Devant la situation exceptionnellement grave de l'Hôpital
de Lannemezan et de la maternité de cet établissement,
l'Assemblée départementale demande au Préfet
des Hautes-Pyrénées, requis par le juge d'assumer
ses responsabilités légales et de faire appliquer
immédiatement la décision de justice, d'ordonner au
Directeur la réouverture immédiate de la maternité."
+
d'infos. L'Entente Républicaine apporte sa voix
"Nous
voterons cette motion pour dire que nous ne sommes pas d'accord
sur cette décision injuste." Il ne fut pas question
d'opposition politicienne, ce vendredi matin, dans les rangs des
élus du Conseil Général. Les conseillers de
l'Entente Républicaine ont choisi de soutenir la défense
de la maternité de Lannemezan, dans une démarche d'honnêteté
politique, comme l'avais fait quelques minutes plus tôt Josette
Durrieu. "Je vous remercie de dire que les gouvernements
qui se sont succédés ont commis les mêmes erreurs
d'appréciation", note Rolland Castells, conseiller
général et maire (Modem) de Bagnères-de-Bigorre.
Plus qu'un soutien à la maternité, Rolland Castells
veut appeler à une véritable mobilisation de tous
les acteurs du département pour soutenir la mise en place
d'un réseau médical, déjà évoqué
lors de précédentes discussions. "Le déficit
lourd du Centre hospitalier de Tarbes, la baisse du nombre de praticiens...
se sont des choses qu'on vit au quotidien. Lourdes, Tarbes et Bagnères
ont des problèmes de praticiens et on nous demande d'aller
plus loin dans la coopération. Mais la crainte est qu'ils
aillent de plus en plus souvent sur Tarbes pour palier les manques",
ajoute le maire de Bagnères-de-Bigorre déjà
échaudé par la fermeture du plateau technique de l'hôpital
de sa ville. Fermé sous prétexte qu'une même
structure existait dans le privé à quelques pas...
avant que la tutelle ne ferme la plateau technique privé
quelques mois plus tard pour non-conformité !
"Si on n'y prend pas garde, dans les cinq prochaines années,
tout est menacé ! Sur l'axe Tarbes-Bayonne, ce sont des spécialités
qui vont disparaître !"
+
d'infos. Un chirurgien relevé de ses fonctions
A l'occasion de cette session extraordinaire, la vice-présidente
du Conseil Général, Josette Durrieu, a tenu à
rappeler le nombre de dossiers "étonnants" qui
entourent les relations entre le centre hospitalier et son administration
de tutelle. Ainsi du cas d'un chirurgien orthopédiste d'origine
libanaise qui s'est vu relevé de ses fonctions un beau matin
de 2004 pour "incompétence et dangerosité".
"Il avait exercé dix ans à Tarbes et dix
ans à Lannemezan. Il a été relevé il
y a plus de trois ans, il est toujours titulaire de son poste et
l'hôpital le paie toujours. Une commission a noté aucune
faute et aucune incompétence et qu'il pouvait réintégrer
son poste. Depuis, on le promène de service et en service,
ailleurs que sur son poste", explique la sénatrice
Josette Durrieu. Autre exemple, le remplacement d'un chirurgien
qui est parti à la retraite en juin 2007. "Nous
avons mis ce poste en mouvement dès le mois d'avril. Les
responsables de la tutelle (la Ddass et l'ARH) ont suspendu
ce poste de mouvement. C'est une situation invraisemblable qui plaçait
les usagers dans une situation inattendue. L'Agence régionale
d'hospitalisation nous a expliqué qu'on n'aurait trouvé
personne. Pendant tous ces mois, nous avons mis en place deux contrats
de trois ans avec deux chirurgiens...", ajoute Josette
Durrieu pour qui "à la lueur de ces deux exemples,
on fonctionne dans un espace de non droit quand on est entré
dans cet espace de santé".

27 novembre 2007. Manifestation
pour le maintien de la maternité. L'article
& la vidéo.
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